vendredi 28 juillet 2017

Les Confessions de l'Ange Noir - Frédéric Dard

Lu en : V.F.
Résumé : L’Ange Noir est tout sauf un marrant. L’Ange Noir est l’ennemi public n° 1. Flics, femmes, cadors du crime : personne ne lui résiste. Et surtout pas la mort. Vivre sans temps mort et jouir sans entraves, telle pourrait être sa devise. Même quand il s’agit de raconter son épopée, il n’y a pas un chroniqueur qui tienne la distance. Alors il va s’en charger seul. Cet Al Capone moderne n’a décidément pas l’esprit d’équipe. Sans honte, sans peur, et surtout sans filtre, l’Ange Noir prend la parole et déroule le fil de son épopée sanglante. Premier meurtre à déclarer ? Sa mère – un accident de naissance. Après elle, personne n’y échappe, de Londres à Paris, en passant par Mexico. L’Ange Noir a la gâchette facile, le « beau sexe » pour obsession, et un sale penchant pour l’alcool. Les originaux de ces confessions publiées en 1952 sous le pseudonyme de l’Ange Noir, réunis ici en un volume, préfigurent, par bien des aspects, l’avènement du légendaire San-Antonio.


Je remercie les éditions Fleuve pour cette lecture !


Chronique : Je découvre enfin Frédéric Dard, créateur du célèbre commissaire San-Antonio, avec cette réédition réunissant l'ensemble des confessions de l'Ange Noir !

C'est un style et un univers particuliers : voici une compilation parfaite si vous aimez l'action et le sanglant à l'état pur ! Je me suis vraiment régalée à cette lecture car cet auteur est un des précurseurs du roman noir français, il me semblait donc essentiel de faire sa connaissance avec cet ange noir...

Ange Noir est un être unique, incroyable, percutant : un terrible criminel, le Némésis de San-Antonio, un antihéros parfait et atypique. Dès le premier épisode le lecteur est plongé dans l'action avec meurtre, course-poursuite, sexe et compagnie. Il n'y a aucun temps mort (mais par contre il y a des morts) dans cette lecture du fait d'une suite de rebondissements et d'une écriture rythmée et addictive.

Si le lecteur ne saura pas vraiment les origines de cet Ange Noir il fera sa connaissance au travers d'épisodes décapants, surprenants, violents ! Ayant une préférence pour les personnages sombres et complexes je suis heureuse d'avoir rencontré Frédéric Dard avec cet intégrale  ! D'autant plus que l'auteur maîtrise parfaitement l'art de l'intrigue et des dialogues.

En définitive, une bonne lecture qui pourrait être un compagnon idéal pour la plage !


mercredi 26 juillet 2017

L'Île aux mensonges - Frances Hardinge

Lu en : V.F.
Traduction : Philippe Giraudon
Résumé : 1860... Faith Sunderly est la fille d'un pasteur et éminent naturaliste. Accusé d'avoir trompé la communauté scientifique, celui-ci part s'exiler avec sa famille sur une île au large des côtes anglaises. Mais des menaces se propagent, jusqu'au drame. Que son père lui a-t-il caché ? Défiant les convenances sociales, avec toute la fougue de ses quatorze ans, Faith osera-t-elle faire surgir la vérité? Une vérité qui pourrait se révéler fort dangereuse...

Je remercie les éditions Gallimard Jeunesse pour cette lecture !







Chronique : L'Île aux mensonges est un roman jeunesse lauréat du prix Costa du meilleur livre de l'année, un régal à lire !

Préparez-vous pour une belle et grande aventure littéraire avec une héroïne inoubliable et de nombreuses péripéties! Dès le départ j'ai adoré le personnage principal, Faith, du fait de sa grande maturité, de sa volonté et de son courage et ce d'autant plus qu'elle évolue tout le long de l'histoire afin de gagner en confiance. Son évolution est d'ailleurs très marquante du fait du cadre spatio-temporel et des mœurs de l'époque (1860).

J'ai aimé la tournure de l'intrigue qui instaurait une enquête passionnante proche du policier et où Faith va devoir se démener pour découvrir la vérité. Le lecteur va se régaler notamment du fait de cette investigation qui va toucher au monde scientifique et mettre en questionnement l'évolution des espèces. C'est dès lors un angle d'attaque très original pour ce genre littéraire et j'ai d'autant plus aimé ma lecture.

En plus des personnages fascinants, d'une histoire addictive, il faut ajouter une écriture très fluide et efficiente portée par l'excellente traduction de Philippe Giraudon. Je me suis donc régalée à cette lecture et ce d'autant plus que Frances Hardinge apporte véritablement sa pierre à l'édifice de la littérature jeunesse/YA avec un talent rare !

En définitive, je vous conseille ce roman unique en son genre !


Ces liens qui nous séparent - Ann Brashares

Lu en : V.F.
Traduction : Vanessa Rubio-Barreau
Résumé :Sasha et Ray passent tous leurs étés dans la vieille maison de famille de Long Island. Depuis l'enfance, ils partagent tout, lisent les mêmes livres, courent les mêmes sentiers sablonneux vers la plage, dorment dans le même lit. Mais ils ne se sont jamais rencontrés ! Car le père de la jeune fille a été marié avec Lila, la mère de Ray. Et depuis leur séparation houleuse, chacun a refait sa vie et veille à ce que leurs nouvelles familles ne se voient jamais en même temps dans la maison des vacances. Mais cet été, le destin s'en mêle, aidé d'Emma, Quinn et Mattie, leurs trois sœurs irrésitibles.  Les chemins de Ray et Sasha vont enfin se croiser. Et bien des certitudes vont voler en éclats. 

Je remercie les éditions Gallimard Jeunesse pour cette lecture !




Chronique : J'avais beaucoup aimé la saga Quatre filles et un jean, j'étais donc heureuse de retrouver l'univers d'Ann Brashares avec Ces liens qui nous séparent...

Je pense que le lecteur ne doit pas se fier ici au résumé mais plutôt au titre du livre car en réalité si de prime abord on peut penser qu'il s'agît d'une romance estivale avec comme toile de fond une histoire de famille, ce roman est en fait une histoire de famille avec comme toile de fond une histoire de cœur. 

Ce récit est surprenant car à la lecture du synopsis je ne m'attendais pas à cette construction narrative ni à cette articulation des personnages. Vous ferrez la connaissance à part égale de chaque membre de la famille, vous connaîtrez leurs moindres pensées respectives face à une même situation, vous suivrez leurs évolutions relationnelles. 

J'ai été émue par moment du fait de cette sincérité qui transparaît dans les mots, du fait des différents points de vue et du final. A d'autres moments j'ai trouvé que l'histoire traînait en longueur et manquait de cet aspect addictif que je recherche dans la littérature Young Adult. La narration saccadée, rythmée et alternée est bien pensée mais peu déstabilisée au début.

En définitive, une lecture agréable, touchante mais qui n'était pas forcément celle à laquelle je m'attendais...


mardi 25 juillet 2017

La solitude est un cercueil de verre - Ray Bradbury

Lu en : V.F.
Traduction : Emmanuel Jouanne
Résumé :Par une nuit d’orage, un jeune auteur en mal de succès entend murmurer à son oreille : «La solitude est un cercueil de verre.» Quand il se retourne, personne. Le même soir, le cadavre d’un vieillard est retrouvé suspendu dans une cage aux lions. Persuadé d’avoir entendu l’assassin, l’écrivain s’improvise détective.  Son enquête nous entraîne au cœur de la vieille station balnéaire de Venice, Californie, alors aux mains des démolisseurs. À la veille des années cinquante, la cité du cinéma n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses habitants, aussi excentriques que leur ville, laissent planer une inquiétante étrangeté où il est difficile de démêler le fantasme de la réalité…

Je remercie les éditions Denoël pour cette lecture !




Chronique : L'auteur de Fahrenheit 451 et Chroniques martiennes s'est lancé dans le genre du roman noir : une réussite !

Ray Bradbury nous offre un roman original avec un mélange entre le polar et une pointe de fantastique du fait de l'ambiance. Cette lecture fût un vrai plaisir pour moi et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord j'ai aimé le fait que le héros soit un écrivain, cela instaure tout de suite un lien avec le monde littéraire et j'aime toujours ce type de référence. De plus ce personnage est vraiment intéressant, la narration interne est immédiatement addictive.

L'intrigue prend place dans un cadre spatial atypique et sombre : Venice en Californie, un lieu qui tombe en ruine, mettant en place dès lors une atmosphère angoissante. Dès lors l'auteur réussit à distiller une pointe de roman gothique au point d'engendrer une forme d'anxiété permanente auprès du lecteur.

En plus de cela l'enquête est vraiment passionnante, elle amène ce caractère page turner très efficace et on tourne rapidement les pages pour découvrir le fin mot de l'histoire. Enfin, le romancier n'hésite pas à mettre en lumière des thématiques essentielles, des sujets sous-jacents au cours de son récit. 

En définitive, Ray Bradbury apporte un renouveau surprenant et original au genre du roman noir !


lundi 24 juillet 2017

Eh bien dansons maintenant ! - Karine Lambert

Chronique de Scarlett 
Résumé :Elle aime Françoise Sagan, les éclairs au chocolat, écouter Radio Bonheur et fleurir les tombes. Il aime la musique chaâbi, les étoiles, les cabanes perchées et un vieux rhinocéros solitaire. Marguerite a toujours vécu dans l’ombre de son mari. Marcel a perdu celle qui était tout pour lui. Leurs routes se croisent, leurs coeurs se réveillent. Oseront-ils l’insouciance, le désir et la joie ?
Karine Lambert signe un roman lumineux sur la fragilité et l’ivresse d’une histoire d’amour à l’heure où l’on ne s’y attend plus.

Je remercie l'auteure et les éditions Livre de Poche pour cette lecture !








Chronique :



« Les chagrins d’enfant nous collent à la peau.»


Canicule, vacances qui s’annoncent et donc il nous faut des livres à emporter dans ses valises, ou bien à savourer à la fraîche quand le soleil brule et annihile tout désir d’agitation.

« Et bien dansons maintenant » de Karine Lambert peut faire partie de la sélection des livres à emporter cet été. C’est un roman plein de charme, de douceur et d’espoir.

C’est l’histoire de Marguerite, 78 ans , veuve depuis peu, qui formait avec Henri son défunt mari un couple policé, « sans surprise, ni dispute », . Maguy qui doit apprendre à vivre seule, autonome, chose qu’elle n’a jamais expérimenté car elle n’a connu que la dépendance à autrui jusqu’à aujourd’hui. Maguy rencontre un homme veuf lui aussi et découvre alors des sentiments, des sensations, des émotions qui lui étaient complètement inconnus. Elle découvre l’audace, le plaisir d’aller aux bouts de ses envies, d’oser se faire plaisir, de nommer et montrer ses sentiments.

Cet homme c’est Marcel, veuf lui aussi, qui vivait une histoire d’amour incroyable avec Nora et qui vit très mal la disparition brutale et l’absence de Nora. Marcel qui se souvient de son enfance avec Nora en Algérie avec nostalgie et qui aime la musique chaâbi.

Autour il y a leurs enfants respectifs. D’un côté Fréderic le fils de Maguy aussi pudique que son père, un tantinet rigide et qui ne reconnaît pas sa mère dans cette femme âgée amoureuse et qui s’angoisse à l’idée de voir sa mère sortir du cadre lisse et rassurant dans lequel il l’avait rangée.

Il y a aussi Manou enseignante la fille de Marcel qui vit beaucoup mieux cette attirance entre son père et Maguy parce qu’elle est tout simplement heureuse de voir celui-ci reprendre gout à la vie, envisager le bonheur même sans Nora.
On croise aussi bien sur dans les souvenirs des uns et des autres Henri le notaire le défunt mari de Maguy , sérieux reservé, sans fantaisie et Nora la femme disparue de Marcel, solaire , vive qui aimait danser et faire la fête.

Ce livre est plein d’espoir, il nous dit que quel que soit l’âge, les situations, rien n’est jamais fini tant qu’on est vivant. Que tout est possible. C’est une belle histoire d’amour, d’une rencontre magique, une histoire aussi du temps qui passe, une histoire des merveilleuses surprises que la vie peut réserver. L’auteur nous permet de dépasser les clichés qui nous font penser qu’à l’âge de la maison de retraite, il ne faut plus rien attendre .Finalement les crépuscules peuvent être aussi beaux que les aubes naissantes…
Merci à Karine Lambert pour ce moment de lecture plein de douceur, de tendresse et d’amour.


« Personne ne lui a jamais offert un moment aussi parfait. Une totale harmonie, la douceur de l’air, le silence devenu confortable. Elle ne savait pas qu’un bonheur aussi simple pouvait exister. »



Les Yeux couleur de pluie - Sophie Tal Men

Lu en : V.F.
Résumé : Étudiante en médecine, Marie-Lou est, du jour au lendemain, affectée à Brest. Autant dire le bout du monde pour celle qui n’a jamais quitté sa Grenoble natale. Une nouvelle existence commence alors pour elle, loin des siens, de ses montagnes  : il va falloir s’habituer au climat, à la région, à la collocation, aux collègues… Surtout, c’est l'insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans qui vont être confrontées à la dure réalité du monde hospitalier. Une nuit, elle croisera Matthieu, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie  ?

Je remercie les éditions du Livre de Poche pour cette lecture !






Chronique : J'avais envie de lire ce roman depuis longtemps et je me suis donc lancée avec beaucoup d'attentes dans cette lecture...

Au début j'ai trouvé cette lecture très fluide, très intéressante du fait de cette plongée dans le milieu médical et puis petit à petit j'ai retrouvé les mêmes codes que dans les autres romans feel good. En effet j'aime lire ce genre de romans de temps en temps mais je remarque que j'ai de plus en plus envie que les auteurs sortent des sentiers battus. Les Yeux couleur de pluie est un bon roman dans ce genre là mais il n'aura pas su personnellement me convaincre, pourquoi ?

Tout d'abord même si le milieu médical est très bien décrit et amené du fait de l'expérience de l'auteure j'ai eu le sentiment que ce n'était qu'un contexte, qu'un background narratif au profit de la romance et du feel good. J'aurais aimé ne pas me sentir juste spectatrice dans cet ensemble, ne pas me sentir détachée du monde hospitalier. 

Ensuite j'ai trouvé que les personnages étaient beaucoup trop similaires aux autres héros du même genre : la jeune femme naïve et insouciante qui va devoir se démener et faire preuve de courage, le jeune homme séduisant et mystérieux, les personnages secondaires sympathiques et qui ont leurs propres problèmes... J'ai eu une impression de déjà vu qui ne me quittait pas tout le long de ma lecture.

Enfin si l'écriture est fraîche, fluide et agréable, j'ai trouvé les réflexions de l'héroïne en italique un peu candides, parfois amusantes mais l'alchimie ne fonctionnait pas vraiment entre Marie-Lou et moi. Tout cela pour aboutir à la conclusion que ce roman feel-good n'était pas pour moi.

En définitive, je pense qu'il vous plaira si vous adorez ce genre et ses codes : de l'humour, de l'amour et de la bonne humeur. Pour ma part, je suis passé à côté de cette histoire...

dimanche 23 juillet 2017

Sharko - Franck Thilliez

Chronique de Scarlett
Résumé : « Sharko comparait toujours les premiers jours d’une enquête à une partie de chasse. Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s’élancent à la poursuite du gibier.
À la différence près que, cette fois, le gibier, c’était eux. »

Eux, c’est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons. Lucie n’a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait semble-t-il rien d’un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure. Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu’à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu’ils s’étaient efforcés de bâtir.


Je remercie les éditions Fleuve pour cette lecture !

Chronique :



« La lune gibbeuse s’accrochait au ciel, éclaboussant les reliefs de craie et d’argile de ses reflets miel. En retrait, au-delà des entrepôts déserts, la surface plane des champs ondulait jusqu’ au fil obscur de l’horizon.»


De Monsieur Franck Thilliez faisons simple, j’ai tout lu ou presque en commençant par Train d’enfer pour Ange rouge le tout premier roman ou j’ai croisé Sharko en passant par les excellents L’anneau de Moebius et Fractures etc etc  pour retrouver à nouveau nos compagnons Lucie et Franck aujourd’hui dans ce nouvel opus et  cette nouvelle aventure. Alors suivez-moi et surtout essayons de suivre Monsieur Thillez.

Nos deux héros se trouvent dans ce roman embarqués dans une histoire très particulière puisqu’ils basculent de l’autre côté de la barrière, du mauvais côté en fait. En effet, lors d’une visite pas très officielle effectuée auprès d’un suspect Lucie est obligée de le tuer pour se défendre , et pour protéger sa femme Sharko maquille la scène de crime. Et voilà, c’est parti Mr Thilliez nous entraine dans une aventure où nos flics enquêtent sur un meurtre qui peut les envoyer direct en prison, mais qui surtout va les plonger dans les milieux très glauques et fermés des adorateurs de Satan et des vampires. On plonge dans des univers sombres et underground. On voyage aussi à la frontière mexico-américaine, en Papouasie-Nouvelle -Guinée et aussi en Belgique.

On retrouve donc notre couple  de policiers, Lucie , maman de jumeaux terrifiée à l’idée de tout perdre une nouvelle fois , sa famille , sa liberté et Sharko en vieux lion protecteur prêt à tout pour protéger sa femme et ses enfants sans oublier son rôle et son instinct de flic dans cette enquête d’autant plus complexe pour les deux  protagonistes qu’ ils doivent tout en cherchant la vérité cacher certains indices  à leurs collègues. 

On croise aussi Robillard le flic musclé, Levallois le fin procédurier et aussi Nicolas Bellanger capitaine ravagé après la mort dramatique de sa compagne qui continue son métier de policier avec hargne et entêtement pour survivre à la douleur en s’aidant de drogues et qui sur le fil du rasoir reste un excellent limier. Toute cette équipe est attachante parce que fragile dans son humanité et forte dans son professionnalisme.

L’écriture de Mr Thilliez est aussi efficace que le rythme de l’enquête. Des chapitres courts qui s’enchainent et où la cadence des découvertes successives jalonnent le parcours des policiers.
On apprend toujours dans les livres de Franck Thilliez, car les enquêtes sont toujours liées à des explications scientifiques simples et instructives. Ici on s’initie à la typologie des larmes par exemple et c’est super intéressant. On apprend la particularité du sang des limules, en quoi consiste le bio-art, ce qu’est le sang bombay, quels sont les mécanismes de la peur et enfin et surtout on se penche sur le sang, son importance, sa richesse, sa rareté parfois, son commerce, les filières du don du sang, les risques, les enjeux de cet or rouge.

Si vous voulez savoir qui sont les cygnes noirs, qui est Pébacasi , ce que signifie Pray Mev alors allez-y foncez. De toutes façons je vous le dis le pari est encore gagné, je me suis régalée, pas une fois ennuyée, quelle imagination ! Merci Monsieur Thilliez pour ce délicieux moment entre enquête vibrante, âmes tourmentées, univers sombres et glauques et très beaux moments de rédemption.



 « Le vent fouettait les visages, les gouttes s’écrasaient en cratères déments sur le sol. L’impression qu’une seconde nuit tombait, comme si la horde des vampyres empêchait le soleil de se lever. »

samedi 22 juillet 2017

L'oeil du lézard - Richard Hell

Lu en : V.F.
Traduction : François Lasquin et Lise Dufaux
Résumé :  Chargés par un riche éditeur de convoyer une voiture de San Francisco à New York et de rapporter leurs impressions de voyage, Billy Mud et sa petite amie, Chrissa, s'embarquent dans une odyssée dérisoire. Billy est un rocker, un junkie. Chrissa est française, elle est photographe et elle n'a pas froid aux yeux. Comparé aux reportages lyriques de Hunter S. Thompson ou aux romans autobiographiques de Kerouac, L'Œil du lézard est une pure fiction, dont le modèle serait plutôt à chercher du côté du Voyage sentimental de Sterne. Mais le véritable intérêt de ce livre, c'est son héros, Billy Mud, un loser qui nous raconte avec un ton sardonique son trip sous héroïne à travers l’Amérique.

Je remercie les éditions de l'Olivier pour cette lecture !





Chronique : Je découvre Richard Hell avec L'oeil du lézard, une lecture très inattendue !

Richard Hell fait partie de ces grands romanciers de la contre-culture où chaque page laisse pointer des touches de folie et de génie en même temps. Si vous aimez les romans de Tom Robbins, de Mark Haskell Smith, de Kerouac vous allez adorer L'oeil du lézard !

Dès le départ le ton est donné : l'ensemble sera loufoque, original et addictif ! Billy Mud est un héros pour le moins surprenant, l'antihéros américain parfait, porté sur les drogues, un loser absolu qui possède un ego surdimensionné mais aussi une faculté à l'autodérision et au sarcasme. Il ne faut pas s'attendre à un personnage attachant mais antipathique à souhait du fait d'un caractère macho omniprésent.

Tout le long de cette lecture j'ai été surprise par les rebondissements, j'ai aussi énormément ri face aux situations rocambolesques issus de ce road trip. Il faut aimer le second voire quinzième degré pour ce livre car l'auteur n'hésite pas à pousser la personnalité atypique de son personnage jusqu'au bout !

En définitive, un roman loufoque, surprenant dans la lignée des œuvres incontournables de la contre-culture !


Les délices d'Eve - Emilie Collins

Lu en : V.F.
Résumé : Ève ne vit que pour une chose  : sa passion pour la pâtisserie. Et la prestigieuse école dans laquelle elle étudie pourrait lui ouvrir les portes des établissements les plus prisés de Paris. C’était sans compter l’irruption du très charmant Zacharie Beauregard dans sa vie. Lorsqu’ils passent ensemble une nuit passionnée, elle ignore qu’il est non seulement un célèbre jeune talent de la pâtisserie, mais aussi son nouveau professeur… Entre carrière et sentiments, Ève devra opérer un subtil dosage.

Je remercie la collection &moi pour cette lecture !








Chronique : J'apprécie de lire de temps en temps une petite romance pour me détendre entre deux gros pavés littéraires ou deux romans noirs américains, Les Délices d'Ève a t-il été une bonne lecture détente ?

Il est vrai que le genre à ses codes, des codes souvent respectés, suivis à la lettre au risque de tomber dans le cliché et de mettre en place des intrigues qui ne sont pas toujours crédibles. Pour ce roman j'ai malheureusement été déçue, non pas par le manque d'originalité qui n'est pas le critère essentiel pour ce genre (à mes yeux), mais bien par le manque d'empathie envers les personnages et le manque de cohérence de l'ensemble.

En effet, l'histoire se base sur une fusion alchimique quasi-immédiate entre les deux protagonistes principaux. Dans cette histoire tout est beaucoup trop rapide, sans transition et sans jeu de séduction. Zacharie et Eve se rencontrent et voilà que l'histoire d'amour commence sans même faire connaissance juste via cette attirance physique qui prend le pas sur tout le reste. Cela se confirme d'autant plus avec la fin...

De surcroit je n'ai pas trouvé les personnages très intéressants, il y a quelques joutes verbales amusantes et quelques passages pétillants mais le reste ne m'a pas personnellement convaincue. Je pense que cela vient principalement du fait que tous les problèmes se dénouent trop facilement et que les stéréotypes sont omniprésents.

En définitive, une romance qui n'a pas su me plaire mais je suis sûre qu'elle plaira à d'autres lectrices.


vendredi 21 juillet 2017

Le Silence des Sirènes - Sarah Ockler

Lu en : V.F.
Traduction : Anne Guitton
Résumé :Elyse, promise à une belle carrière de chanteuse, doit partir en tournée avec sa sœur jumelle. Mais elle devient muette suite à un accident en mer. Du jour au lendemain, Elyse perd ses repères, ses rêves, sa joie de vivre… Elle se réfugie alors chez sa tante, à Atargatis Cove, petite ville portuaire portant le nom d’une sirène légendaire. Là-bas, elle s’isole, passant ses journées à écrire des poèmes sur le flanc d’un bateau échoué. Heureusement, elle rencontre bientôt Christian, séduisant bad-boy, et son jeune frère, Sebastian, qui rêve d’être une sirène. Avec eux, elle va décider de sauver la ville, menacée par un projet touristique, et surtout… retrouver le goût de la vie.

Je remercie les éditions Nathan pour cette lecture !




Chronique : Voilà un roman YA dont l'intrigue paraît à la fois innovante et émouvante, je me plonge dès lors dans cette lecture à la découverte d'Elyse...

Cette lecture fût une déception malheureusement... Tout d'abord j'ai trouvé que l'histoire était bourrée de clichés, les personnages sont trop stéréotypés et l'ensemble manque d'originalité et de profondeur. Dès le départ l'aspect mielleux prend le dessus sur les émotions, sur le drame subi par l'héroïne, on sait très rapidement comment tout va se dérouler au point de trouver l'ensemble assez plat.

Du côté des protagonistes, si je me suis un peu attachée au triste sort de départ d'Elyse, je me suis petit à petit désintéressée de son avenir car je sentais déjà comment cela allait se terminer. De plus, il lui manquait cette petite touche qui l'aurait rendu unique face aux autres héroïnes de romans YA. Le personnage central masculin ne possède pas le charisme nécessaire pour que le lecteur soit entièrement attentif à l'évolution de sa relation avec la jeune fille.

Entre une intrigue qui avance trop lentement, une absence de rebondissements inattendus, des personnages relativement fades je n'ai pas réussi à trouver mon bonheur dans cette lecture. Cependant si vous êtes un fan absolu du conte de La Petite Sirène vous aimerez sûrement ce livre !

En définitive, un roman YA qui n'a pas su m'emmener dans son univers...